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Rédacteur web, je me pose les bonnes questions

Un rédacteur web dresse l'inventaire des réponses pertinentes à transmettre dans son message. (Creative Commons/FlickR: WingedWolf)

Un rédacteur web a tout intérêt, en préparant son contenu textuel,  à se poser une série de questions essentielles. Celles-ci peuvent s'avérer salvatrices pour contrer le syndrome de la page blanche. Mais surtout, elles permettent de satisfaire les attentes des lecteurs.

Comme dans toutes formes de communication, la rédaction web entraîne en premier lieu la prise en compte des caractéristiques du récepteur. Le but étant de s'assurer que le message émis soit bien reçu et compris comme il se doit.

Ensuite, on attend du rédacteur web qu'il réponde à certaines questions. Et qu'il livre des réponses que nous avons tous - depuis que nous savons lire - l'habitude de trouver en parcourant un texte informatif. Précision: il va de soi que nous présentons ici des principes rédactionnels s'appliquant à une démarche communicationnelle. Ils ne concernent pas les productions à vocation littéraires, esthétiques, etc.

Viser sa cible

Avant de produire un contenu textuel, le rédacteur web doit se faire une image claire du public cible. Lequel prêtera davantage attention à un message formulé avec le ton et les mots qui lui parlent d'emblée.

Quelles sont les informations essentielles à transmettre aux internautes?
Cette question a l'air bateau, mais reste néanmoins incontournable. Il serait fâcheux, et surtout improductif, d'oublier de mentionner un élément clé du message que l'on souhaite communiquer!

QQOQCCP

Le rédacteur web averti fera appel à une technique d'écriture journalistique: la règle des 5W + 2H. Kesako? Cette obscure formule fait référence aux pronoms interrogatifs de langue anglaise: who, what, where, when, why + how et how much. Elle se traduit en français par l'acronyme QQOQCCP. C'est-à-dire:

  • Qui? Quand? Où? Quoi? Comment? Combien? Pourquoi?

Ainsi, pour rédiger un contenu textuel efficace, on se placera du point de vue des récepteurs. Un bon rédacteur web a conscience que ceux-ci attendent un maximum de réponses parmi ces 7 questions. Il sait qu'il n'a rien à perdre à dresser l'inventaire des réponses pertinentes à transmettre dans son message. De plus, cette technique permet de balayer d'un revers de main l'angoisse de la page blanche. On aurait tort de s'en priver!

Quelle police d’écriture sur internet?

Y a-t-il des polices de caractères optimales pour les textes publiés sur le web?  On lit couramment qu'il est préférable de faire appel à une typographie sans empattements. Or, il s'agirait d'un mythe!

Who shot the serif?

Qui a tué les polices de caractères avec empattements? (Creative Commons/FlickR: Kitty Rouge)

On distingue les polices de caractères en deux groupes: avec ou sans serif. Ce vocable anglophone, souvent utilisé par les francophones, se traduit par le mot empattement. Sur internet, une police sans empattements facilite la lecture. Voilà du moins l'opinion qui, dans les articles publiés sur la toile à ce sujet, ressort en majorité. Sauf qu'il n'en serait rien!

En termes de lisibilité, la différence entre ces deux types de polices n'aurait en fait rien de significative. Et c'est un spécialiste de l'ergonomie web qui le dit… Jakob Nielsen? Eh non, pas cette fois!

Polices sous la loupe

Alex Poole a pris le temps de passer en revue plus de 50 recherches, afin de répondre à cette obsédante question. De façon on ne peut plus explicite, il l'a formulée ainsi: Quelles polices sont les plus lisibles: serif ou sans serif? Je vous encourage à lire cet article (en anglais) détaillé, passionnant bien qu'assez technique.

Avant de poursuivre, clarifions ce qui caractérise les deux catégories typographiques auxquelles nous nous référons. Les caractères des polices avec empattements se distinguent par leurs extensions, qui prolongent les hampes et jambages des lettres. Exemples les plus connus? Times New Roman et Georgia. Les polices d'écriture sans serif sont esthétiquement plus sobres. Arial, Verdana, Tahoma ou Helvetica appartiennent à ce groupe.

Avec ou sans serif… c'est kif-kif!

Ayant suivi le principe rédactionnel de la pyramide inversée, je vous ai livré l'information essentielle de mon billet dans son introduction. Ce n'est donc pour vous plus un scoop: selon le travail d'Alex Poole, avec ou sans empattements, peu importe. Le choix devrait se faire en fonction de facteurs purement esthétiques, ajoute en guise de conclusion le spécialiste. Il fait également observer que d'autres critères distinctifs ont davantage d'importance en terme de lisibilité. Comme par exemple celui de la longueur de l'espacement entre les caractères.

Néanmoins, un aspect que l'ergonome web ne reprend pas dans sa conclusion m'a semblé non négligeable. Selon plusieurs études citées dans son texte, les utilisateurs d'ordinateurs expriment une préférence pour les polices sans empattements. Alors ne serait-il pas judicieux de tenir compte de ce jugement, aussi subjectif soit-il? En tant que rédacteur web et webmaster soucieux de mettre mes lecteurs dans les meilleures dispositions possibles, j'aurais tendance à répondre par l'affirmative... Et vous?

(MàJ: Alex Poole m'a fait l'honneur de citer ce billet en référence, dans le résumé en français de son article.)

Rédaction web et concision: on veut des chiffres!

Sur le web, on va s'appliquer à rédiger de façon concise. Concrètement, qu'est-ce que ça signifie?

Marcel Proust - En rédigeant pour le web, évitons de nous prendre pour lui!

Est-il pertinent de se focaliser sur des chiffres? Sur la Toile, on voit un peu de tout à ce sujet. Lire sur internet étant moins rapide que sur papier, nos phrases devraient avoir un nombre maximum de mots. Alors… combien? 12, 15, 20?

Des chiffres comme repères

Il n'y a en fait pas de chiffre exacte à respecter. Formuler des phrases ayant, de façon systématique, une longueur de 10 à 12 mots… Bonjour l'ennui! N'aurait-on pas l'effrayante impression de lire le texte d'un robot? Comme précisé sur le site redaction.be, la longueur idéale d'une phrase se situerait entre 15 et 20 mots. Un avis partagé par le professeur Georges Henry (Université de Liège) et François Richaudeau (expert de l'analyse de la lecture).

Eh zut, je viens d'écrire une phrase de… 21 mots! C'est grave docteur? Bien sûr que non. Car il s'agit juste d'une limite, à considérer comme un repère. Dans l'idéal, on évitera de dépasser trop souvent les 20 mots. Il ne sera toutefois pas dramatique de franchir la limite une fois ou l'autre. Toujours dans l'idéal, on tâchera d'avoir des phrases contenant une moyenne de 15 à 17 mots... En restant flexible!

Quand on écrit pour le web, évitons donc de nous prendre pour Proust! L'enchaînement interminable de subordonnées, ça fait son petit effet. Mais se fera-t-on clairement comprendre par l'internaute? Rien n'est moins sûr.

Une question de rythme

Le risque serait, comme mentionné plus haut, de ne pondre que des phrases de semblable longueur. Ce qui rendrait notre texte bien monotone. L'important étant de jouer avec le nombre de mots, histoire de donner du rythme et une dynamique de lecture. Quitte à déborder du cadre de temps en temps!

Vous noterez que ce billet traite de la concision des phrases. La longueur optimale du contenu textuel d'une page, c'est une toute autre affaire… Laquelle sera abordée dans l'un de mes prochains articles consacrés aux principes de l'écriture web.